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30 pensées rapides sur PSG/Bayern (5-4)

Publié le mercredi 29 avril 2026 à 18:23 par Philippe Goguet
Au lendemain d'un PSG/Bayern (5-4) totalement fou, retour en 30 pensées rapides sur une partie déjà historique, entre buts marquants, performances individuelles mémorables et rapport de force permanent.
Au lendemain d'un PSG/Bayern (5-4) totalement fou, retour en 30 pensées rapides sur une partie déjà historique, entre buts marquants, performances individuelles mémorables et rapport de force permanent.
  1. Si les supporters parisiens préféreront toujours PSG/Inter Milan (5-0), il est possible que ce PSG/Bayern (5-4) soit le match le plus connu du club parisien pour les fans des autres clubs, sorte de mètre-étalon de la performance la plus marquante.
     
  2. A l'issue du match, ce sont d'ailleurs les fans neutres qui sont les plus heureux puisque les supporters des deux camps finissent avec une part de regrets : les Parisiens car ils ont gâché un bel avantage, les Bavarois parce qu'ils perdent la rencontre.
     
  3. Les neufs buts inscrits ont fait de ce match une partie déjà légendaire et la rareté de ce match vient probablement du fait que les attaquants ont outrageusement dominé les défenseurs. Dans une partie où les duels en un-contre-un ont été nombreux, chaque victoire d'un offensif sur un défensif aboutissait de façon pratiquement automatique à une occasion ou à un décalage franc. 
     
  4. Le match peut être résumé de façon assez simple : le collectif du Bayern a dominé celui du PSG, mais les individualités parisiennes ont fait encore plus de différences que les bavaroises. 
     
  5. Les deux ailiers Olise et Kvaratskhelia exposent d'ailleurs très bien cette thèse : le Français a fait probablement plus de différences tout au long du match, mais il n'a fini qu'avec un but marqué. Le Géorgien a joué plus par à-coups mais il en a mis le double. Les deux n°9 sont eux aussi dans cette tendance : Kane a bien plus brillé dans le jeu que Dembélé et il finit avec un but et une passe décisive, contre deux buts et une passe décisive pour l'autre, mais avec deux actions sur coups de pied arrêtés pour Dembélé contre une seule pour Kane.
     
  6. Il faut noter une certaine symétrie dans les buts inscrits avec un penalty et un coup de pied arrêté indirect pour chacun des deux camps. Et il y a également dans les buts de Kvara et Luis Diaz une certaine ressemblance, avec un joueur qui fait exactement ce que son adversaire attend, mais y parvient quand même.

     
  7. Avant le match, Khvicha Kvaratskhelia s'avançait déjà comme le meilleur joueur du PSG en ce printemps 2026. Après, ce statut n'est que renforcé.
     
  8. Le mot intensité est régulièrement utilisé dans le football pour décrire un match de façon facile, et régulièrement très fausse. Mais ce PSG/Bayern a vraiment été un sommet d'intensité : peu ou pas de temps faible, des équipes qui se ruent à l'attaque à la moindre possibilité, des duels sans retenue partout sur le terrain, des courses en nombre délirant, des joueurs qui vont au bout d'eux-mêmes, etc.
     
  9. Depuis la mue du PSG en champion d'Europe, c'est la troisième confrontation face au Bayern, pour deux victoires parisiennes, mais les Allemands sont définitivement l'équipe qui gêne le plus Paris quand il s'agit de construire. Encore une fois, ils ont gagné la bataille du milieu et empêché Paris de relancer et surtout de construire depuis le milieu de terain. Les Parisiens ont eu peu d'attaques placées et de temps de jeu où ils font courir l'adversaire pour l'user.
     
  10. Ce que le Bayern a en plus par rapport à toutes les autres équipes d'Europe face au PSG, c'est la vitesse à laquelle les joueurs allemands parviennent à annihiler toutes les lignes de passe à l'instant où Paris récupère le ballon. Le PSG est probablement l'équipe la plus létale d'Europe dans les deux passes qui suivent une récupération. Le Bayern arrive à contenir cette force la plupart du temps. 

     
  11. Le but du 5-2 est une bonne illustration de la chose : Pacho récupère le ballon sur un contre et donne à Kvara devant lui dans l'arc de cercle de sa surface de réparation. En une passe du pied gauche, donc sur son mauvais pied, le Géorgien efface pas moins de huit joueurs de champ allemand et trouve Doué qui file vers le but. Mais cette passe qui fait si mal à beaucoup d'équipes, le Bayern a dans l'ensemble très bien su la couper.
     
  12. Bien qu'il s'agisse d'une réaction très humaine, il est assez désolant de constater que le PSG s'est, de l'aveu même de Dembélé, « un peu arrêté de jouer » à 5-2 face à une équipe qui avait remonté trois jours plus tôt un déficit de trois buts dans un match qui comptait pourtant pour du beurre. Ce Bayern a un vrai historique de matches qu'il a arrachés de façon incroyable, mais les Parisiens n'étaient visiblement pas assez prévenus.
     
  13. Comme en novembre, les permutations axiales des joueurs du Bayern, et tout particulièrement les décrochages de Kane, ont fait très mal au PSG. Pas sûr que le plan de jeu avec Pacho qui suit l'Anglais soit de nouveau appliqué au match retour, sachant que cela envoie João Neves en défense centrale à chaque fois. Paris a un vrai souci à résoudre avec ce relais au coeur du jeu, car Vitinha ne peut pas marquer le joueur.
     
  14. Dans ce match où les attaques, ou plutôt les attaquants, ont dominé les défenseurs, dur ne pas citer les immenses difficultés de Marquinhos et Nuno Mendes face à Luis Diaz et Olise. Marquinhos avait subi exactement le même scénario face à Pedro Neto lors de PSG/Chelsea (5-2), et le PSG s'était en partie adapté au retour, ce qu'il devrait encore une fois faire. Mais Nuno Mendes va sérieusement devoir monter en gamme face à Olise car les solutions sont moins nombreuses de ce côté-là du terrain. Et autant Marquinhos ne va pas rajeunir, autant le Portugais peut retrouver un meilleur niveau physique.

     
  15. Le symétrique de ce constat est tout aussi positif pour le PSG : ce sera forcément Stanisic ou Laimer face à Kvaratskhelia dans une semaine et ce n'est pas une situation plus enviable, bien au contraire.
     
  16. Le PSG a donc enfin inscrit un penalty en Champions League, même si Neuer n'est pas si loin du tir de Dembélé. Mais avec le déchet récent des Parisiens, toute réussite est bonne à prendre. A noter aussi la petite feinte qui a fait penser que Kvaratskhelia, qui avait tiré le dernier contre Nantes, allait s'avancer avant que ce ne soit finalement Dembélé qui tire.
     
  17. On se demande encore ce qu'Alphonso Davies a bien pu raconter à Ousmane Dembélé au moment où les arbitres discutaient du penalty. Mais le sourire en coin de Dembélé semble indiquer qu'il n'était pas très intéressé par les explications du Munichois.
  18. En novembre, Paris avait été littéralement submergé à 11 contre 11 par le Bayern. Ce ne fut pas le cas cette fois-ci, même s'il faut reconnaître une domination d'ensemble des Bavarois dans l'entrejeu. Mais il est amusant de constater que João Neves avait déjà marqué, que Luis Diaz avait également été le meilleur Munichois et que Marquinhos avait totalement coulé face au Colombien. Pourvu que la passe de trois ne se reproduise pas.
     
  19. Que Marquinhos se retrouve en difficulté face à la vitesse et les dribbles de Luis Diaz a, malheureusement, un côté attendu vu l'âge et surtout le niveau athlétique du Brésilien. Mais lorsque le capitaine parisien rate un alignement pourtant très simple au départ du quatrième but allemand, la passe de Kane étant une action de jeu très classique du Bayern, c'est en revanche bien plus pénalisant pour son équipe.
     
  20. Warren Zaïre-Emery qui envoie une première demi-heure de très grande qualité, Senny Mayulu qui parvient à trouver la barre transversale en même pas 10 minutes jouées sur le terrain, Aleksandar Pavlovic rayonnant dans l'entrejeu, Jamal Musiala qui retrouve un peu de sa magie, ce sont aussi les centres de formation des deux clubs qui se sont signalés ce mardi soir, malgré un Josip Stanisic plus en retrait.
     
  21. Juste avant le but de João Neves, le corner provoqué par Doué est dû à une déviation du protège-tibia de Tah. Mais si l'Allemand ne dévie pas, c'est possiblement directement un but de plus pour Paris vu à quel point Manuer Neuer n'esquisse pas le moindre geste sur le tir de l'attaquant parisien.
     
  22. Sur le but de Michael Olise, la défense centrale parisienne recule de façon incompréhensible jusqu'à une zone où le Français n'a plus qu'à frapper fort pour tromper Safonov. Mais si Marquinhos et Pacho semblent totalement perdus, c'est possiblement parce qu'ils sont à cet instant dans un moment sans repères puisque, contrairement à d'habitude, Marquinhos occupe l'axe gauche et l'Equatorien le droit. Chacun attend alors que l'autre sorte de sa zone pour aller contrer. Mais personne n'est sorti à temps.
     
  23. Neuf buts marqués, et il est pourtant dur de dire que les gardiens ont fait des erreurs. Le poste est ingrat depuis toujours, avec des erreurs qui sont toujours plus montrées du doigt que pour les joueurs de champ, mais il l'est probablement encore plus lorsque les attaquants adverses trouvent des zones impossibles dans des proportions pareilles.
  24. Les quatrième et cinquième buts parisiens sont des merveilles dans le sens où ces deux actions sont à la fois collectivement bien conçues et individuellement magnifiées. L'utilisation des espaces, la qualité technique dans les conduites de balle et les frappes, tout ce qui fait de la Champions League la compétition où le meilleur du football s'exprime est réuni sur ces deux buts.
     
  25. Auteur d'une campagne de Champions League triomphale l'an passé, Nuno Mendes a beaucoup ressemblé face à Michael Olise à celui de la saison 2023/2024, lorsque Lamine Yamal et surtout Jadon Sancho lui avaient causé bien des soucis. Avec un point commun entre les deux printemps compliqués, à savoir des soucis musculaires.
     
  26. L'opposition de style entre Khvicha Kvaratskhelia et Luis Diaz a été absolument magnifique et les deux joueurs sont allés jusqu'à inscrire un but totalement dans leur style. Les défenseurs savaient à quoi s'attendre, mais tout est tellement bien réalisé que cela finit forcément au fond. Des défenseurs plus forts au duel que Stanisic et Marquinhos, les deux victimes, auraient possiblement fait mieux, mais cela donne une idée du niveau nécessaire pour arrêter les meilleurs ailiers de la planète.

     
  27. Le PSG a fait subir au Bayern sa grande spécialité de la saison en Champions League, l'avalanche de buts coup sur coup. L'Atalanta, le Bayer, Tottenham et surtout Chelsea avaient expérimenté la chose auparavant, le Bayern y a eu droit aussi. Mais seuls les Allemands ont trouvé la force mentale pour revenir, signe d'une équipe bien supérieure aux autres.
     
  28. S'il a signalé le caractère exceptionnel du match d'hier soir, Luis Enrique l'appréciera peut-être un peu moins en le revoyant puisque son équipe a été dominée dans à peu près tous les éléments statistiques qu'il affectionne, notamment les xG ou la possession de balle. Mais l'entraîneur espagnol est aussi un pragmatique et sait aussi apprécier le plus important : le score final.
     
  29. Alors qu'il disposait de moins de ressources sur le banc de touche et a même fait un changement dès la pause, le Bayern a pourtant mieux fini physiquement que le PSG et a également plus couru. Un élément à prendre en compte pour le retour où une prolongation n'aurait rien d'impossible vu l'avantage parisien.
  30. Cette demi-finale aller livre un verdict assez paradoxal : la meilleure équipe a probablement perdu, et c'est celle qui a gagné qui a finalement le plus de marge pour faire mieux au match retour. 

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